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France Italie Tournoi des 6 Nations des - 20 ans

Retour sur un samedi d'exception au Stade Claude Papi
La France s'impose à Porto-Vecchio
C'est la première fois qu'un match de rugby international, comptant pour le Tournoi des 6 nations des – de 20 ans, se déroulait en Corse.

Les images de la rencontre

A Porto-Vecchio: Stade Claude Papi: France bat Italie 26- 14 (19-7)
Spectateurs: 2.000.
Arbitre: M. Doyle (Ang) assisté de MM. Spreadbury (Ang) et Kurk (Ang) Pour la France: Quatre essais Namy (2e), Merle (11e), Zagar 38 et 48e. Transformations: Dumora: 2e, 38e et 48e.
Pour l'Italie: Deux essais d'Apice (40e) et Bachetti 55e. Transformations: Bocchino 40e et 55e.
France: Agnesi, Merle (Maynadier 26e), Guyon (Kervarec 50e), Roidot, Etienne (Vivalda 20e), Lapandry (Chollon 40e), Dibel, Lakafia, Parra, Dumora (Lacrampe 66e), Zagar, Dumoulin (Gimenez 50e), Namy, Fall, Coll (Doumayrou 60e).
Italie: De Marchi (Sebastiani 31e), D'Apice, Ravalle, Bernini (Furno 72e), Cazzola, Giusti (Puliti 44e), Favaro, Petillo, Martinelli, Bocchino, Rotella, Chiesa, Quartaroli, Bacchetti (Marconato 75e), Fiorani (Massaro 75e).
Evolution du score: 7-0, 12-0, 19-0, 19-7 (mi-temps: 19-7), 26-7, 26-14
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Au soir de la défaite contre l'Angleterre, Philippe Sella, le manager de l'équipe de France, l'avait prédit : « nous saurons nous souvenir de ce 22 février ». A l'évidence, les 2000 spectateurs du stade Claude Papi espéraient voir, hier, les Bleuets présenter l'addition aux Italiens, leurs futurs adversaires au mois de juin prochain au Pays de Galles lors de la Coupe du Monde. Ce scénario se mettait en place dès la 2e quand Guillaume Namy, sur un bon ballon sorti par Parra, perçait plein champ avant de franchir la ligne transalpine. Julien Dumora passait la transformation. La France menait 7-0. Les Bleuets dynamisés envoyaient du jeu. Fall dans tous les bons coups lançait Lakafia auteur d'un en-avant à cinq mètres de la ligne. L'Italie tardait à entrer dans le match, notamment sur ses plaquages. Un retard à l'allumage d'autant plus coupable qu'à la 11e, Fall relançait dans sa moitié de terrain transmettait à Jordan Merle, tout en puissance, qui résistait au plaquage italien pour aplatir. Le stade Claude Papi exultait tant cette entame était prometteuse. Il fallait, mais on ne le savait pas encore, en profiter car la suite était moins heureuse.

Réveil italien
L'entraîneur Gianluca Guidi l'avait dit : « nous allons jouer notre rugby ». De fait les Azzuri appliquaient la consigne à la lettre. Les Transalpins retrouvaient leur jeu face à des Bleuets devenus attentistes.
Les Gladiateurs tentaient une première incursion dangereuse dans les 22 tricolores avec Bachetti (18e) stoppé sur la ligne. La défense française donnait des signes de faiblesse, mais résistait devant des Italiens maladroits, à l'image de Bocchino. Cette banderille sans conséquence, révélait, toutefois, les fissures hexagonales. L'éclair de Coll sur un jeu au pied de Dumora (32e) avait du mal à donner le change. Mais la France avait des ressources dont celle de faire preuve d'un grand réalisme.
L'essai de la 38e en était la plus parfaite illustration. Lakafia récupérait un ballon italien, faisait le boulot, avant de délivrer une cistera à Zagar dans le rôle du funambule qui filait pour inscrire le troisième essai français. Dumora trouvait les perches et la France prenait les devants 19-0. Les Bleuets étaient de bons comptables mais les Italiens aussi. D'ailleurs D'Apice, juste avant la pause, aplatissait entre les poteaux. Bocchino transformait. L'Italie recollait à 7-19.

L'Italie revient, la France à la peine.
On pressentait un deuxième acte au couteau avec une Italie plus combative.
Cela se vérifiait dès la reprise. Fall sauvait la maison bleue en rattrapant Botella qui filait vers la ligne après un relais de Martinelli. L'Italie campait devant la ligne française. Un temps fort, au bout du compte, cruel quand Zagar (48e) sur une passe mal ajustée s'emparait de la balle et 90 mètres plus loin la posait entre les poteaux. La botte de Dumora faisait le reste pour la France qui s'en allait 26 à 7. Il restait un peu plus de trente minutes. Les Italiens mettaient la main sur la balle, alors que le jeu français se liquéfiait. Rotella et Petillo jouaient les insaisissables dans une défense aux abois. L'emprise des Azzuri était logiquement récompensée au moment où Bachetti (55e) en bout de ligne, allait à dame. Bocchino réglait la hausse. L'Italie revenait à 12-26. Les hommes de Gianluca Guidi imposaient le défi physique à un ensemble tricolore manquant de liant. Doumayrou, à peine entré à la place de Coll, soulageait ses coéquipiers (63e), mais la France souffrait dans le combat. Le public du Claude Papi avait peu l'occasion de s'enthousiasmer. Une échappée de Namy (77e) redonnait des couleurs à la fin de rencontre. Au coup de sifflet final, la France s'imposait 26 à 14.
Un succès mathématiquement correct.
match d'ouverture les cadets sardes et corses match d'ouverture les cadets sardes et corses
« un sentiments mitigé »

Les Français se sont certes imposés face aux Italiens, mais les Bleuets ont eu bien des difficultés à imposer leur jeu.
Avant même la rencontre Philippe Agostini avait annoncé la couleur.
L'entraîneur des Bleuets avouait respecter la formation transalpine. De fait, ce respect était fondé d'autant que l'équipe de France a été à la peine. Au bout du compte, la relève des tricolores peut se féliciter d'une entame de match hyper réaliste et de l'échappée de Zagar, au début du deuxième acte, au moment où les Azzuri affirmaient leur emprise dans le combat devant des Français où les absences de David et Bastareaud ont pesé lourd. Les propos de l'entraîneur des moins de 20 ans, à l'issue du match, reflétaient ce sentiment « Ce fut dur. Comme je le craignais les Italiens ont été accrocheurs du début à la fin et nous ont mis en difficulté à plusieurs reprises. Notre entame de match a été de très bonne qualité et en quelques minutes nous menions 12-0. Mais rapidement nous avons subi sur les rucks et dans le secteur défensif où il faudra travailler pour régler un certain nombre de détails. Le second acte a logiquement été plus haché en raison de l'engagement physique et la fatigue nous a empêché de développer notre jeu en mouvement. Nous n'avons pas su mettre du rythme plus longtemps car il ne manquait pas grand-chose pour que nos adversaires craquent. Au-delà du match nous sommes très satisfaits de l'accueil qui nous a été réservé et de l'engouement qu'a suscité cette rencontre.
J'espère que le public a apprécié le spectacle.
Côte transalpin, malgré la défaite, Gianluca Guidi affichait une évidente satisfaction. Il est vrai que les Italiens, en progression constante ont fait souffrir, les Anglais, les Gallois et donné bien du fil à retordre aux Français. Plus présents dans les regroupements, les Azzuri peuvent, à l'inverse, regretter une certaine maladresse. Pour autant l'entraîneur de la Nazionale positivait : «Nous avons payé nos erreurs du début de match ».
Notre satisfaction réside dans notre capacité à mettre cette équipe de France en difficulté. Cela confirme les progrès que nous avons acompli ces derniers mois. Je pense que notre jeu a été supérieur à celui des Français. Dans tous les cas je suis très fier de mes joueurs et de ce qu'ils ont fait à Porto-Vecchio. Désormais il nous manque une victoire et pourquoi pas dès vendredi contre le Pays de Galles ».
Même si comptablement, mais aussi dans l'optique de la Coupe du Monde au Pays de Galles, ce succès est important, il a du mal à cacher le manque d'homogénéité du XV tricolore. Certes la mise en place du nouveau projet de jeu demande un temps d'adaptation. Le sentiment au coup de sifflet final était, d'ailleurs, mitigé comme l'exprimait Morgan Parra : « C'est très bien d'avoir gagné car nous marquons des points avant la coupe du monde où nous retrouverons les Italiens. En ce qui concerne ce match, nous avons sans doute fait des mauvais choix, surtout en deuxième mi-temps, où certains ballons ont été rendus trop vite et d'autres qui auraient dû être joués au pied l'ont été à la main. Cela peut être mis sur le compte de la fatigue car nos adversaires nous ont imposé un combat âpre de tous les instants. Dans l'ensemble nous avons essayé de respecter notre projet de jeu avec plus ou moins de réussite. »
Dans le même temps l'aveu du demi de mêlée tricolore révèle, également, le déficit français en terme de pugnacité. Il est vrai que sous la pression les Bleuets ont, parfois, fait les mauvais choix.
Il faudra rectifier le tir avant le baisser de rideau au Pays de Galles.

 
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